La Lettre du 25 octobre 2020
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Bonjour à chacune et chacun,
 
Mercredi soir, la Nation a rendu un hommage déchirant à Samuel Paty dans la cour de La Sorbonne au travers d'une cérémonie solennelle. En ce lieu, le président de la République lui a remis à titre posthume les insignes de la Légion d’honneur, avant de prononcer un discours salué par l’ensemble des groupes républicains du Parlement.
 
La Sorbonne est un symbole lumineux qui s’oppose à la laideur et à la froideur haineuse du fondamentalisme islamiste qui a frappé un enseignant chez nous, comme il frappe des milliers de personnes à travers le monde.

Symbole du savoir et de la connaissance, l’une des premières universités au monde après celles érigées par les musulmans au Caire, à Fès ou à Bagdad, la Sorbonne incarne nos désirs d’émancipation, à l’opposée des simplismes obscurantistes, de la bêtise, de la négation des connaissances qui ont poussé à la décapitation d’un passeur de savoirs. L’assassin lui a ôté la tête comme pour signifier la haine de ce qui pense.
 
A cet obscurantisme, ont été opposés en ce lieu le droit et le devoir à l’éducation, le primat de la connaissance, le désir de culture et le besoin de s’élever, le respect de l’autre pour faire monde ensemble. Tout ce que rejette ce terrorisme islamiste qui rêve d’éteindre ces lumières pour soumettre les hommes et les femmes à d’autres lois que celles qu’ils décident ensemble, par la dispute démocratique et le débat public. Autant de choses dont nous avons besoin pour instaurer le rapport de force nécessaire à la construction d’un grand projet émancipateur et d’égalité entre tous les citoyens.
 
Citoyens actifs par delà nos croyances, participant à faire vivre une République dégagée du carcan capitaliste, qui porte enfin la liberté, l’égalité, la fraternité ; une République où chacune et chacun grandit sans cesse de l’apport de l’autre, de l’esprit critique, du questionnement, dans le cadre d’une Nation indivisible que bâtit au fil du temps chacun de ses membres sans distinction d’origine, de croyance, de religion, de philosophie.
 
Une Nation débarrassée des oukases d’instances internationales ou européennes qui peu à peu lui ôtent toute souveraineté et fragilisent la citoyenneté. Phénomènes encore amplifiés par l’alignement sur l’impérialisme américain et l’Otan. Une nation, donc, qui ne serait ni soumise aux choix guerriers au Moyen-Orient, ni aux alliances mercantiles avec les théocraties pour leur vendre des armes. Une France qui enfin reconnaitrait aux Palestiniens le droit à un Etat au côté de celui d’Israël.

Or, c’est cette orientation que détruisent les présidents de la République depuis au moins trois mandats. Non seulement par une politique étrangère scélérate qui ôte à la France son rôle de promoteur de paix, mais aussi par une politique de destruction méthodique de toutes les institutions sociales, qui promeut l’austérité et la concurrence de tous contre tous.
 
J'ai consacré l'éditorial de lundi de l'Humanité ainsi que celui de jeudi de L'Humanité Dimanche au choc produit par cet attentat ainsi qu'à la nécessité de combattre l'obscurantisme de l'islamisme et ses diverses sources.
 
 
 
Combattre la barbarie 
 
L'éditorial du lundi 19/10/2020
 
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Le choc
 
L’éditorial de L’Humanité Dimanche du 22/10/2020
 
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Laïcité : revenir à Jaurès, encore et toujours
 
Le 31 juillet en 2018, j’avais consacré une part importante de mon allocution en hommage à Jean Jaurès aux enjeux de l’enseignement et de la laïcité en vulgarisant ses écrits et ses paroles. Je vous en reproduis ci-après quelques extraits qui trouvent tout leur écho aujourd'hui.

« « [La promesse républicaine] est encore trahie quand l’Education nationale, socle irremplaçable de la République sociale, se trouve détournée de ses missions universelles, laissant place aux officines privées car affaiblie par une austérité budgétaire sourde et aveugle aux grands enjeux d’émancipation.
(…)
C’est au nom des droits de l’enfant que Jaurès entend lutter pour une éducation publique universelle et laïque : « La démocratie a le devoir d’éduquer l’enfance ; et l’enfance a le droit d’être éduquée selon les principes mêmes qui assureront plus tard la liberté de l’homme. Il n’appartient à personne, ou particulier, ou famille, ou congrégation, de s’interposer entre ce devoir de la nation et ce droit de l’enfant », disait-il.

« L‘éducation est liée à toute l‘éducation politique et sociale, et il faut qu’elle se renouvelle et s‘élargisse à mesure que s‘élargissent et se renouvellent les problèmes. » ajoutait-il dans un discours prononcé à Castres en 1904.

Ce combat pour la liberté par l’éducation était pour Jaurès inséparable de celui pour la laïcité, intimement lié à la lutte farouche qu’il mena pour instaurer, dans une France minée par la réaction antirépublicaine et cléricale, la séparation des Eglises et de l’Etat. « Vous n’avez pas voulu seulement que l’instruction fût universelle et obligatoire : vous avez voulu aussi qu’elle fût laïque, et vous avez bien fait. » se félicitait-il à la Chambre des députés dès 1893.

La séparation n’a jamais été pour Jaurès une fin en soi, un but ultime qui se suffirait à lui-même. Elle est, au contraire, une condition nécessaire pour que le socialisme épouse la République et la démocratie, pour que la liberté guide les pas de l’humanité.

Jaurès batailla ferme aux côtés d’Aristide Briand pour que la loi de séparation des Eglises et de l’Etat soit une loi de concorde et non un acte de vindicte ; une loi pour la liberté de conscience et non un nouveau dogme ; pour qu’elle soit une loi qui contraint la puissance publique à la neutralité afin d’assurer la possibilité d’une vie en commun et d’un contrat social.

« Démocratie et laïcité sont deux termes identiques car la démocratie n’est autre chose que l’égalité des droits et fonde en dehors de tout système religieux toutes ses institutions, tout son droit politique et social » disait-il.

Il ne saurait y avoir de liberté sans égalité des droits nous indique-t-il en définitive, dans l’exact sillon des révolutionnaires de 1789 et de leurs héritiers.

La laïcité n’est ainsi pas une tolérance pour Jaurès. Cette tolérance qui est toujours une concession, voire une condescendance.

Elle est un principe d’égalité qui affirme l’égale aptitude des femmes et des hommes à raisonner, qu’ils croient en un dieu ou qu’ils ne croient pas.

Pour préciser sa pensée, Jaurès s’écriait en 1910 : « Nous ne sommes pas le parti de la ‘tolérance’ : nous n’avons pas de ‘tolérance’ mais nous avons à l’égard de toutes les doctrines le respect de la personnalité humaine et de l’esprit qui s’y développe ».
La laïcité qui s’impose par force de loi en 1905 est héritière de la Déclaration des droits de l’homme et du citoyen.

(…)

C’est la raison pour laquelle les contre-révolutionnaires d’hier et d’aujourd’hui – et il n’en manque pas – tentent de flétrir la laïcité pour en faire tantôt une arme contre une religion, tantôt un outil de promotion équitable de chacune d’elles dans la sphère publique. Autant de dangereuses usurpations de la grande œuvre laïque portée par Jaurès et fortifiée par le socialisme naissant. » »

Vous pouvez accéder au texte en son entier ici et a la vidéo ici. 
 
Une pandémie qui ne recule pas
 
Nos pensées vont à toutes celles et ceux qui sont frappés par l’actuelle pandémie ainsi qu’aux familles qui ont l’un des leurs touché. La situation est très préoccupante, en France comme chez nos voisins. Le virus frappe partout et, encore une fois, les plus précaires sont les plus amplement touchés. De plus en plus de grandes villes basculent en « zone rouge » et ce sont maintenant 46 millions de concitoyens qui sont concernés par la mesure du couvre-feu. Le gouvernement poursuit une gestion critiquée, de toute part. La stratégie du « tester – tracer – isoler » se révèle être un cuisant échec.

Dans son rapport d’étape publié la semaine dernière, la Mission d’évaluation de la gestion de la crise signalait déjà des « défauts manifestes d’anticipation, de préparation et de gestion ». Mais malgré les nombreuses alertes sonnées en premier lieu par les personnels soignants, rien ne change.

Alors que la situation actuelle était clairement prévisible, « les soignants ne sont pas prêts à affronter cette nouvelle vague » indique dans un entretien à l’Humanité le professeur en médecine d’urgence Frédéric Adnet.
 
Encore et toujours le même problème que la logique libérale du gouvernement empêche de résoudre : le manque de moyens, personnels et matériels pour nos hôpitaux. Pire : dans le cadre du Projet de loi de financement de la Sécurité sociale, les députés ont voté dans la nuit de jeudi à vendredi une facturation fixe de tous les passages aux urgences en lieu et place du ticket modérateur actuel.

Un « forfait patient urgences » qui est en réalité un obstacle aux soins : en visant à avoir un effet dissuasif, l’Etat espère réaliser des économies sur le dos des patients. Encore un pas de plus dans le mauvais sens.

Vous pouvez accéder ci-après aux entretiens accordés à l’Humanité par l'épidémiologiste Catherine Hill et par le professeur Frédéric Adnet :
 
 
 
L'épidémiologiste Catherine Hill dénonce : « On a fait des millions de tests inutiles »
 
lire ici
 
« Les soignants ne sont pas prêts à affronter cette nouvelle vague » : Pr Frédéric Adnet
 
lire ici
 
L’Humanité aux côtés des enseignants :  sélection d’articles publiés cette semaine
 
« La démocratie a le devoir d’éduquer l’enfance ; et l’enfance a le droit d’être éduquée selon les principes mêmes qui assureront plus tard la liberté de l’homme. Il n’appartient à personne, ou particulier, ou famille, ou congrégation, de s’interposer entre ce devoir de la nation et ce droit de l’enfant ». Ces mots prononcés par Jaurès, le fondateur de l’Humanité, résonnent avec une puissance qui renforce nos convictions en ces jours troublés.

En assassinant un professeur d’histoire-géo, le terrorisme islamiste a ébranlé la France dans des proportions nouvelles. En visant la transmission du savoir et la formation de l’esprit critique des futurs citoyens dans l’esprit républicain, les fondamentalistes religieux mettent à nu leur projet obscurantiste et rétrograde qui doit être combattu avec la plus grande fermeté.

L’impossibilité de prodiguer des savoirs reposant sur une approche rationnelle et scientifique sont inacceptables. L’éducation nationale doit être soutenue dans sa vocation universelle, protégée et surtout dotée des moyens dont elle manque cruellement pour remplir son rôle émancipateur.

Véritables remparts contre l’obscurantisme, situé.es au cœur du pacte laïc les enseignant.es occupent plus que jamais une place centrale dans notre société. A leur côté depuis tant d’années, pour dénoncer leurs conditions de travail dégradées par les politiques libérales mais aussi pour porter leurs revendications, l’Humanité vous propose ici une sélection d’articles diffusés à ce sujet cette semaine sur nos diverses plateformes, à partager et faire connaître autour de vous.
 
Lundi 19/10
Éditorial. Combattre la barbarie
 
Terrorisme. Entre tristesse et colère, la République se rassemble
 
Un prof assassiné pour avoir enseigné la liberté d’expression
 
Éducation. « La peur ne nous guide absolument pas ». Entretien avec Claire Guéville (Snes-FSU)
 
Rodrigo Arenas, coprésident de la FCPE : « L’obscurantisme n’aura jamais raison de la République »
 
L'émotion après l'attentat de Conflans : « C’était juste un prof qui faisait son boulot »
 
Mardi 20/10
« Notre travail, c’est de rendre les élèves autonomes » : Christine Guimonnet, Secrétaire générale de l’Association des professeurs d’histoire-géographie
 
À la Sorbonne, l’esprit des Lumières célébré entre Louis Pasteur et Victor Hugo
 
Jeudi 22/10
Le choc – Editorial Humanité Dimanche
 
Vendredi 23/10
« En ces temps obscurcis, faire rayonner l’islam des Lumières » : Ghaleb Bencheikh, président de la Fondation de l’islam de France
 
Lettre de Jean Jaurès aux instituteurs et institutrices
 
J’ai plaisir à reproduire ici la Lettre de Jean Jaurès aux instituteurs et institutrices publiée le 15 janvier 1888 dans La Dépêche de Toulouse :
 
 Vous tenez en vos mains l’intelligence et l’âme des enfants ; vous êtes responsables de la patrie. Les enfants qui vous sont confiés n’auront pas seulement à écrire et à déchiffrer une lettre, à lire une enseigne au coin d’une rue, à faire une addition et une multiplication. Ils sont Français et ils doivent connaître la France, sa géographie et son histoire : son corps et son âme. Ils seront citoyens et ils doivent savoir ce qu’est une démocratie libre, quels droits leur confère, quels devoirs leur impose la souveraineté de la nation. Enfin ils seront hommes, et il faut qu’ils aient une idée de l’homme, il faut qu’ils sachent quelle est la racine de toutes nos misères : l’égoïsme aux formes multiples ; quel est le principe de notre grandeur : la fierté unie à la tendresse. Il faut qu’ils puissent se représenter à grands traits l’espèce humaine domptant peu à peu les brutalités de la nature et les brutalités de l’instinct, et qu’ils démêlent les éléments principaux de cette œuvre extraordinaire qui s’appelle la civilisation. Il faut leur montrer la grandeur de la pensée ; il faut leur enseigner le respect et le culte de l’âme en éveillant en eux le sentiment de l’infini qui est notre joie, et aussi notre force, car c’est par lui que nous triompherons du mal, de l’obscurité et de la mort.
 
Eh quoi ! Tout cela à des enfants ! — Oui, tout cela, si vous ne voulez pas fabriquer simplement des machines à épeler. Je sais quelles sont les difficultés de la tâche. Vous gardez vos écoliers peu d’années et ils ne sont point toujours assidus, surtout à la campagne. Ils oublient l’été le peu qu’ils ont appris l’hiver. Ils font souvent, au sortir de l’école, des rechutes profondes d’ignorance et de paresse d’esprit, et je plaindrais ceux d’entre vous qui ont pour l’éducation des enfants du peuple une grande ambition, si cette grande ambition ne supposait un grand courage.
 
J’entends dire, il est vrai : « À quoi bon exiger tant de l’école ? Est-ce que la vie elle-même n’est pas une grande institutrice ? Est-ce que, par exemple, au contact d’une démocratie ardente, l’enfant devenu adulte ne comprendra point de lui-même les idées de travail, d’égalité, de justice, de dignité humaine qui sont la démocratie elle-même ? » — Je le veux bien, quoiqu’il y ait encore dans notre société, qu’on dit agitée, bien des épaisseurs dormantes où croupissent les esprits. Mais autre chose est de faire, tout d’abord, amitié avec la démocratie par l’intelligence ou par la passion. La vie peut mêler, dans l’âme de l’homme, à l’idée de justice tardivement éveillée, une saveur amère d’orgueil blessé ou de misère subie, un ressentiment et une souffrance. Pourquoi ne pas offrir la justice à des cœurs tout neufs ? Il faut que toutes nos idées soient comme imprégnées d’enfance, c’est-à-dire de générosité pure et de sérénité.
 
Comment donnerez-vous à l’école primaire l’éducation si haute que j’ai indiquée ? Il y a deux moyens. Il faut d’abord que vous appreniez aux enfants à lire avec une facilité absolue, de telle sorte qu’ils ne puissent plus l’oublier de la vie et que, dans n’importe quel livre, leur œil ne s’arrête à aucun obstacle. Savoir lire vraiment sans hésitation, comme nous lisons vous et moi, c’est la clef de tout. Est-ce savoir lire que de déchiffrer péniblement un article de journal, comme les érudits déchiffrent un grimoire ? J’ai vu, l’autre jour, un directeur très intelligent d’une école de Belleville, qui me disait : « Ce n’est pas seulement à la campagne qu’on ne sait lire qu’à peu près, c’est-à-dire point du tout ; à Paris même, j’en ai qui quittent l’école sans que je puisse affirmer qu’ils savent lire. » Vous ne devez pas lâcher vos écoliers, vous ne devez pas, si je puis dire, les appliquer à autre chose tant qu’ils ne seront point par la lecture aisée en relation familière avec la pensée humaine. Qu’importent vraiment à côté de cela quelques fautes d’orthographe de plus ou de moins, ou quelques erreurs de système métrique ? Ce sont des vétilles dont vos programmes, qui manquent absolument de proportion, font l’essentiel.
 
J’en veux mortellement à ce certificat d’études primaires qui exagère encore ce vice secret des programmes. Quel système déplorable nous avons en France avec ces examens à tous les degrés qui suppriment l’initiative du maître et aussi la bonne foi de l’enseignement, en sacrifiant la réalité à l’apparence ! Mon inspection serait bientôt faite dans une école. Je ferais lire les écoliers, et c’est là-dessus seulement que je jugerais le maître.
 
Sachant bien lire, l’écolier, qui est très curieux, aurait bien vite, avec sept ou huit livres choisis, une idée, très générale, il est vrai, mais très haute de l’histoire de l’espèce humaine, de la structure du monde, de l’histoire propre de la terre dans le monde, du rôle propre de la France dans l’humanité. Le maître doit intervenir pour aider ce premier travail de l’esprit ; il n’est pas nécessaire qu’il dise beaucoup, qu’il fasse de longues leçons ; il suffit que tous les détails qu’il leur donnera concourent nettement à un tableau d’ensemble. De ce que l’on sait de l’homme primitif à l’homme d’aujourd’hui, quelle prodigieuse transformation ! et comme il est aisé à l’instituteur, en quelques traits, de faire sentir à l’enfant l’effort inouï de la pensée humaine !
 
Seulement, pour cela, il faut que le maître lui-même soit tout pénétré de ce qu’il enseigne. Il ne faut pas qu’il récite le soir ce qu’il a appris le matin ; il faut, par exemple, qu’il se soit fait en silence une idée claire du ciel, du mouvement des astres ; il faut qu’il se soit émerveillé tout bas de l’esprit humain, qui, trompé par les yeux, a pris tout d’abord le ciel pour une voûte solide et basse, puis a deviné l’infini de l’espace et a suivi dans cet infini la route précise des planètes et des soleils ; alors, et alors seulement, lorsque, par la lecture solitaire et la méditation, il sera tout plein d’une grande idée et tout éclairé intérieurement, il communiquera sans peine aux enfants, à la première occasion, la lumière et l’émotion de son esprit. Ah ! sans doute, avec la fatigue écrasante de l’école, il vous est malaisé de vous ressaisir ; mais il suffit d’une demi-heure par jour pour maintenir la pensée à sa hauteur et pour ne pas verser dans l’ornière du métier. Vous serez plus que payés de votre peine, car vous sentirez la vie de l’intelligence s’éveiller autour de vous.
 
Il ne faut pas croire que ce soit proportionner l’enseignement aux enfants que de le rapetisser. Les enfants ont une curiosité illimitée, et vous pouvez tout doucement les mener au bout du monde. Il y a un fait que les philosophes expliquent différemment suivant les systèmes, mais qui est indéniable : « Les enfants ont en eux des germes, des commencements d’idées. » Voyez avec quelle facilité ils distinguent le bien du mal, touchant ainsi aux deux pôles du monde ; leur âme recèle des trésors à fleur de terre : il suffit de gratter un peu pour les mettre à jour. Il ne faut donc pas craindre de leur parler avec sérieux, simplicité et grandeur.
 
Je dis donc aux maîtres, pour me résumer : lorsque d’une part vous aurez appris aux enfants à lire à fond, et lorsque d’autre part, en quelques causeries familières et graves, vous leur aurez parlé des grandes choses qui intéressent la pensée et la conscience humaine, vous aurez fait sans peine en quelques années œuvre complète d’éducateurs. Dans chaque intelligence il y aura un sommet, et, ce jour-là, bien des choses changeront.
 
Les héritiers de la collaboration avec les nazis souillent le siège du Parti communiste français
 
Rance ambiance. Après que d’anciens ministres et des ministres en poste actuellement n’aient d’autres soucis que d’importer de l’extrême droite le vulgaire mot d’islamo-gauchisme pour qualifier certains d’entre nous, voici que les loups aux crocs tordus de leur haine se déchaînent. Au mépris de l’histoire ils viennent jusqu’au siège du Parti communiste français le souiller du mot « collabos ».

Eux, sans doute les héritiers des croix de feux, du pétainisme et de la collaboration avec Hitler ont toujours été contre le parti des résistants et des fusillés. On n’est pas étonné. Par contre, ils se sentent fort pour sortir ainsi avec leurs pots de peinture comme aux pires temps des chasses aux idées de gauche.

Progressistes de toutes chapelles, il est temps de faire front commun contre le confusionnisme, les droites extrêmes et l’extrême droite. Il est temps de passer à la contre-offensive pour ensemble remettre la République sociale, laïque, démocratique sur ses pieds. Les progrès civilisationnels sont venus de là depuis 1789.
 
Ensemble debout.
 
Lectures...
TAF | N°3
 
La pandémie de Covid-19 a fonctionné comme un puissant révélateur des fractures et des contradictions imposés par le capitalisme financiarisé au sens même du travail. Dans ce troisième numéro de la revue, les contributeurs nous donnent un point de vue, début d'une réflexion d'ampleur pour repenser le travail, ses implications, ses rapports au réel et ses évolutions nécessaires. Format 20x26 - 112 pages
 
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« De l’effet papillon à l’effet pangolin.
Petit essai philosophique sur le coronavirus »
 
Pendant la pandémie du coronavirus les soignants soignent, les gendarmes gendarment, les transporteurs transportent, les étudiants étudient, les enseignants télé-enseignent, les médias médiatisent. Les gouvernants, plus que jamais, s’arrogent le droit de diriger. Quant aux philosophes, ils philosophent. Ces quelques réflexions ont été rédigées en mars 2020, en plein confinement, avec le secours de Platon, Aristote, Pascal, Rousseau, Kant, Sartre et quelques autres. Et si cette pandémie ramenait à la surface des problèmes essentiels de nos sociétés et de chacun de nous ?
 
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Le communisme a de l'avenir...
 
Marx n’est pas qu’un penseur de l’anticapitalisme. Mais le communisme tel qu’il l’a envisagé n’a jamais été essayé historiquement, alors que le changement de civilisation qu’il préconise et dont il indique les grandes lignes(l’après-capitalisme d’une société sans classes) n’a jamais été aussi actuel.
Telle est la grande thèse que soutient ce livre. Pour l’établir, il propose de lire Marx tel qu’on peut le faire aujourd’hui. En le détricotant des traditions militantes de la social-démocratie allemande et du marxisme soviétisé. En établissant par quelles ruses de l’histoire le communisme marxien a pu devenir le socialisme chez ses héritiers en titre. En déconstruisant la confusion et la prétendue synonymie du socialisme et du communisme. En montrant comment, loin de ce que nous en a montré l’histoire du XXe siècle, le communisme s’inscrit dans le combat pour l’émancipation humaine, celui de l’inventionet de la réalisation d’«une forme de société supérieuredont le principe fondamental est le plein et libre développement de chaque individu » (Le Capital, critiquede l’économie politique, livre I).
 
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Manifeste pour une conception communiste de l'économie solidaire
 
Cet ouvrage est une aide pour tous ceux qui veulent s’inscrire dans une démarche de dépassement du capitalisme et construire un monde qui n’a encore jamais existé. Avec ce Manifeste, les auteurs cherchent à montrer que l’on peut en trouver les prémisses dans l’Économie Sociale et Solidaire. Des prémisses à développer, faire fructifier, et améliorer, mais dont il faut avant tout prendre conscience. Ce manifeste s’adresse donc à toutes celles et ceux qui cherchent à construire un monde postcapitaliste...
 
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Patrick Le Hyaric
 
 
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