La Lettre du 26 septembre 2020
 
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Bonjour à chacune et chacun,

On le savait sans jamais vouloir y croire, on voulait l’oublier mais le procès en cours des auteurs des attentats terroristes contre la rédaction de Charlie Hebdo, l’Hyper Cacher de la Porte de Vincennes et contre des policiers, nous le rappelait depuis plusieurs jours sans discontinuer. Une attaque terroriste à l’arme blanche s’est produite quasiment devant la plaque commémorative de ces attentats, à l’entrée du bâtiment où étaient hier logés nos confrères du magazine, blessant grièvement deux collaborateurs de l’agence de presse et société de production « Premières Lignes ».
 
À l’heure où j’écris ces lignes, j’apprends que le suspect arrêté avait auparavant repéré les lieux et pensait bien qu’il était s’agissait des locaux de Charlie Hebdo. Il y a quelques jours déjà, la responsable du personnel du journal avait dû être exfiltrée d’urgence de son domicile. Voilà qui remet à l’ordre du jour la diffuse menace qui plane en permanence sur nos têtes.
 
Cet attentat a lieu deux jours après l’initiative d’une centaine de groupes de presse et de médias appelant à défendre la liberté de la presse. Cette attaque ne fait que renforcer ce qu’ensemble nous avons dit à l’adresse de la population dans ce texte collectif : « Il faut que les ennemis de la liberté comprennent que nous sommes tous ensemble leurs adversaires résolus, quelles que soient par ailleurs nos différences d’opinions ou de croyances ». Et de conclure avec un appel impérieux : « Nous devons réunir nos forces pour chasser la peur et faire triompher notre amour indestructible de la liberté ».
 
Dans un tel contexte, ce n’est pas la restriction des libertés publiques au nom de la lutte anti-terroriste ou du combat contre la pandémie qui permettrait la solidarisation citoyenne pourtant indispensable. Au contraire la mise en berne des libertés signerait la victoire de la terreur et notre étouffement. Ce n’est pas non plus en reculant sur nos valeurs républicaines, celles proclamées il y a 228 ans, ce n’est pas non plus en cédant sur le fort principe de laïcité, ou en alimentant de nauséeux et nauséabonds débats repris dans les abjects tracts de l’extrême droite qu’on arme la population contre cet autre fascisme qui tue ici, à Londres, comme en Syrie, en Irak ou au Pakistan tous les jours.

J’ai dans la semaine réagit aux inepties du ministre de l’Éducation nationale sur les tenues vestimentaires des filles à l’école… et ailleurs.
 
Vous avez dit République ?
 
Il semblerait désormais, selon le ministre de l’Éducation nationale, qu’il faille aller chercher la République entre le nombril et le décolleté des jeunes filles…
 
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Ces poètes et créateurs qui nous quittent
 
Coup sur coup, Marcel Trillat et Juliette Gréco ont tiré leur révérence. L’Humanité a consacré plusieurs pages d’hommage à ces deux figures qui ont accompagné et mené aux côtés du mouvement communiste et progressiste tant de combats. Marcel c’était un regard doux, acéré, une tranquillité dans l’expression comme dans le comportement qui mettait en confiance. Son ton posé déroulait toujours une profonde réflexion.

À Marcel Trillat nous devons la défense infatigable d’un service public de l’audiovisuel pluraliste et exigeant, et un engagement sans faille à faire vivre la mémoire et les combats ouvriers, à une époque où il était de bon ton de les mépriser. Il fut à son échelle et en son temps, un résistant. Il fut également un créateur, empoignant micros et caméras pour donner à voir, dans de nombreux documentaires qui firent date, les luttes, les souffrances et les espoirs de la France d’en bas.

Juliette cachait sa tendresse derrière un regard noir qui disait l’exigence, celle d’elle-même et de ses proches. J’eu à en faire les frais à propos d’articles de l’Humanité qu’elle lisait régulièrement ainsi que L’Humanité Dimanche décrypté chaque semaine par Gérard Jouanest. Elle avait beau avoir dépassé les neuf décennies, nous la pensions immortelle. La même liberté, la même curiosité, la même élégance couraient à travers le temps. Juliette Gréco incarnait le combat féministe par la seule force de son talent et de son tempérament. Elle incarnait la liberté, un mot qui la résume. Ce fut surtout une immense artiste qui donnait vie aux textes et musiques que les plus grands se pressaient à lui offrir. Elle fut la porte-voix de toute une époque où l’art se conjuguait aux engagements contre les dictatures fascistes, pour l’émancipation et la liberté. Le public populaire de la Fête de l’Humanité aura eu la chance de la voir et de l’entendre à de si nombreuses reprises qu’elle s’y sentait comme chez elle. Sa disparition nous laisse orphelins d’une haute conception de la chanson, à la croisée de la littérature et de la musique, et qui empoignait le réel avec vaillance.

Marcel Trillat et Juliette Gréco furent des amis de l’Humanité. Ils répondaient toujours présent pour affirmer leur soutien ou pour nous aider aussi discrètement que concrètement. C’est un honneur pour l’Humanité et ses équipes d’avoir pu compter sur de si précieux amis.
 
 
 
Nous t’avons tant aimée (éditorial)
 
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Marcel Trillat, homme d’image et d’humanité
 
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Quand Juliette Gréco illuminait la Fête de l'Humanité
 
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COVID
 
Face au Covid, le gouvernement continue de se montrer dans l’incapacité de gérer la crise, en refusant de s’attaquer au problème de base : le sous-investissement dans l’hôpital public.

Alors que le nombre de nouvelles contaminations recensées par Santé publique France est en augmentation et que, dans certains hôpitaux, l’afflux de patients commence à saturer les lits de réanimations, le nouveau tour de vis du gouvernement est vécu comme une punition par habitants et restaurateurs des régions placées en alerte maximale, rejoints par des élus qui dénoncent des décisions drastiques prises sans concertation.

Les mesures sont justifiées par une stratégie du gouvernement fondée non pas sur le nombre de malades… mais sur les capacités de réanimation des hôpitaux ! Mais comment est-il possible que, alors qu’on nous annonce une seconde vague depuis des mois, le gouvernement n’ait pas anticipé d’augmenter la capacité d’accueil en réanimation des hôpitaux ! On croirait à une mauvaise blague mais non : durant ces derniers mois, absolument rien n’a été fait pour palier à une situation critique dénoncée maintes fois par les travailleurs hospitaliers.

Pour rappel, quelques chiffres : les politiques ultralibérales menées ces dernières années ont provoqué dans notre pays la suppression de 69 000 lits en 15 ans, dont 4 000 depuis l’arrivée d’Emmanuel Macron au pouvoir. Zéro lits ont été créés depuis le début du déconfinement.

Ainsi, le gouvernement impose des restrictions (de plus en plus mal acceptées par la population) ou préfère encore développer des gadgets – l’application Stop Covid – plutôt que de revoir sa politique de santé publique. Combien de morts pour remettre en question les logiques économiques qui guident les fossoyeurs de l’hôpital public ?
 
Bridgestone ou l’impasse capitaliste
 
Je consacre mon éditorial de L’Humanité Dimanche aux suite du plan de destruction de l’usine Brigestone de Bethune.
 
Bridgestone, gémissements politiques et capital
 
L’éditorial de L’Humanité Dimanche du 24 septembre. 
 
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Jamais assez, toujours plus : telle est la devise de ce capitalisme dopé aux rendements financiers. Ils ne seront jamais rassasiés tant que les salaires ne seront pas versés en négatifs : voilà la réalité de la compétitivité vendue par l’oligarchie.

La fermeture si brutalement annoncée de l’usine Bridgestone de Béthune est la goutte d’eau qui fait déborder le vase des compromissions et trahisons des gouvernements depuis des décennies. Combien de centaines de milliards ont été engloutis en trente ans par un capital insatiable, sous prétexte de préserver l’emploi, doper l’investissement, éviter les délocalisations, autant de billevesées que les faits condamnent. CICE, Flat Tax, casse d’un droit du travail « flexibilisé », baisse continue de l’impôt sur les sociétés… Et ça recommence avec 20 milliards jetés dans les coffres forts des entreprises, et sans aucun débat sur leur utilisation !

Les actionnaires de Bridgestones se sont goinfrés des largesses d’un État complice et acteur du saccage de sa base industrielle. Des millions d’euros versés à fonds perdu par les mêmes qui chouinent aujourd’hui devant les caméras. « Il faut faire confiance aux entreprises » nous serine-t-on à longueur de temps et d’antenne. « Confiance » alors que des vies entières, des bassins d’emploi entiers sont détruits à échéance régulière et rapprochée. « Confiance » quand l’Union européenne finance elle-même les délocalisations ? Confiance quand elle organise le dumping social et salarial entre États membres ? « Confiance » quand l’argent public sert à creuser les inégalités et à goinfrer les actionnaires ?

C’est au contraire la défiance, la juste défiance qui s’empare de millions de travailleurs qui n’en peuvent plus des fausses promesses et des illusions vendues d’une mondialisation heureuse.
Il est temps d’en finir avec cette politique économique fondée sur la baisse du coût du travail, aussi inepte qu’injuste. Il y a urgence à tourner la page de la libre circulation des capitaux pour reprendre le pouvoir sur la production à partir des besoins humains démocratiquement définis.
 
Hommage à Lucien Sève
 
Jeudi soir, hommage était rendu à Lucien Sève au siège du Parti communiste. De riches interventions se sont succédées qui ont chacune mise en lumière, sous différents angles, l’apport colossal de cet éminent penseur du communisme qui nous a quitté au printemps dernier. Ce fut un plaisir de voir notamment ces jeunes philosophes attachés à faire vivre sa pensée et son œuvre, cherchant à creuser le sillon d’un marxisme renouvelé et d’une visée communiste offensive. Un travail absolument nécessaire au regard des impasses terrifiantes vers lesquelles nous mène le système capitaliste.
 
Lucien Sève avait mis en exergue cette citation du Manifeste du Parti communiste qui indique que « le libre développement de chacun est la condition du libre développement de tous. » Une phrase qui résume l’ambition humaniste de Marx, à rebours d’une conception désincarnée du communisme qui fut, en partie, celle du 20ème siècle. L’Humanité continuera à faire vivre et à mettre en débat sa réflexion
 
Fête de l'Humanité
 
Nous remettrons cette semaine au Secours populaire Français une partie des sommes collectées avec le bon de soutien à l’Humanité. Au moins la valeur de 10 000 bons de soutien soit 50 000 €. Rappelons que cet argent est destiné aux enfants des familles les plus démunies.
 
Nous poursuivrons durant tout ce mois d’octobre la campagne de diffusion des bons de soutien afin de financer la Fête et de donner des moyens financiers à l’Humanité afin de s’améliorer et être plus utile aux combats actuels et futurs.
 
 
Le bon de soutien donne droit :
 
  • à une belle revue de 144 pages sur l’histoire de la Fête de l’Humanité ;
  • à une défiscalisation ou un crédit d’impôt ;
  • permet de participer à une grande action de solidarité avec le Secours populaire français.
 
Le hors-série sur les 90 ans de la Fête de l'Humanité
 
...  à recevoir avec votre bon de soutien à l’Humanité.
144 pages de photos et de texte ! Il n'en fallait pas moins pour rendre compte de 90 ans de Fêtes de l'Humanité, de rencontres, de luttes, d'engagements, de rassemblements, d'échanges, de débats. 90 ans de fraternité et de solidarité ! Jours de Fêtes est avant tout un catalogue de souvenirs. Il recueille la mémoire de la Fête.
 
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Des publications des éditions de l’Humanité :
 
 
« Après la crise sanitaire ?
L'après capitalisme »
 
Le philosophe Bernard Vasseur s´interroge sur ce qu’a révélé la crise sanitaire et les aspirations qui y sont nées. Il y voit grandir l´exigence d´un monde « d´après le capitalisme » que Marx appelait le communisme.
 
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Manifeste pour une conception communiste de l'économie solidaire
 
Cet ouvrage est une aide pour tous ceux qui veulent s’inscrire dans une démarche de dépassement du capitalisme et construire un monde qui n’a encore jamais existé. Avec ce Manifeste, les auteurs cherchent à montrer que l’on peut en trouver les prémisses dans l’Économie Sociale et Solidaire. Des prémisses à développer, faire fructifier, et améliorer, mais dont il faut avant tout prendre conscience. Ce manifeste s’adresse donc à toutes celles et ceux qui cherchent à construire un monde postcapitaliste...
 
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Découvrez "Au pied de la lettre", la nouvelle émission littéraire de l'Humanité
 
Il n’y a plus à la télévision de grandes émissions littéraire de découverte des auteurs et des contenus des livres. Notre plateforme humanite.fr relève le défis en lançant l'émission littéraire « Au pied de la lettre », animée par Vincent Roy, collaborateur de L’Humanité Dimanche et membre de comités de lecture de plusieurs maisons d’édition.
 
Découvrez une nouvelle émmission chaque jeudi à 19h sur la chaîne Youtube de l'Humanité.
 
 
Je vous souhaite la meilleure semaine possible.
 
Patrick Le Hyaric
 
 
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